Cannabis et Traitement de la Dépendance

tabeau monet3guy005 copie

TRAITEMENT DE LA DEPENDANCE AU CANNABIS

                          GUERRE, OU CAPITULATION, OU LEGISLATION

Depuis avril 2011, un débat est instauré sur la libéralisation du

Cannabis, sous-entendu libéralisation encadrée.Les titres en prime-time sont accrocheurs : »Pour en finir avec les dealers »,Ras le bol des quartiers », »Lacher prise », »l’interdiction engendre la société de la peur », »Prohibition facteur d’insécurité »,Cannabis-Bistrot »Filiaire Bio-Cannnabis » »Préconisation de cultures de 53.000 ha de Cannabis »,débats biaisés », »postulats de départ éronnés »

On parle de fait sociétal,d’expression de mutation de société,sur un scénario de western de série B, oû le nombre des jeunes qui « trinquent »sont étrangement minoré et plans de prévention et traitements curieusement opaques.Or,les chiffres sont tétus et il n’est donc pas question de vertu. Le rapport de l’ONU de 2008 parle de situation d’échec,il apparaît très clairement que la France compte une prévalence de 5 millions de consommateurs,dont 1,2millions de consommateurs réguliers et 550.000 gros consommateurs réguliers(Hall et Dengehart.Lancet.2009),prévalence ce jour la plus forte en Europe.

Les jeunes sont particulièrement exposés à une armée de l’ombre parfaitement hiérarchisée et structurée payant le lourd tribu du regard ambiguë porté sur le traitement de la dépendance au Cannabis dont il est nécessaire de fixer le cadre et ses limites .

cannabis

ETAT DES LIEUX

Les traitements de la dépendance au Cannabis sont loin de réunir les critères d’unaminité,SEPT (7)essais de sevrages de 2002 faits sur de petites cohortes montrent les limites du traitement et neuf(9) métanalyses de 1993 à 2005 montrent l’impact psychiatrique évident du Cannabis.Ce niveau d’étude est faible comparé au nombre d’utilisateurs(165.millions dans le monde,ce qui paraît fortement sous-estimé par rapport à certains usages nationaux).La constante vulnérabilité des adolescents est reportée et les éléments actuels ne permettent pas de valider le concept de consommation et qualité contrôlés du cannabis,même si un interdit aux mineurs est promulgué, sans être « un père la vertu »,la tentation d’infraction de l’interdit apparait tentante et prévisible et surtout en dehors de termes de prévention ou traitement non précisés.

                                 LES DIFFICULTES RENCONTREES

Les difficultés rencontrées sont de trois natures :

1)Le reflet biologique des Cabannoïdes du système central,conditionnant en partie le traitement

2)Les Co-Morbidités indépendantes faisant le lit de l’usage du cannabis mais n’ayant pas de

lien de causalité affirmé

3)l’Adhésion du traitement du patient et un rappel aux sources avec participation familiale et

encadrement socio-médical

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Le CERVEAU et RECEPTEURS CABANNOIDES

Le cerveau présente des récepteurs cabannoïdes des recepteurs CB1

-Hippocampe :à inscription immédiate(Mémoire épisodique)

-Cervelet :intégration des troubles de l’équilibre et sensivo-moteurs

-Cortex Frontal :contrôle et exécution des taches

-Striatum(Motricité automatique) et ganglions de la base :entre dans le cadre des réactions

émotionnelles et circuit de réponse

Résultat
:il existe un système de récompense activant le système dopaminergique mésolimbique et du noyau acuben et lobe frontal.Le problème du consommateur de Cannabis sera donc de pouvoir intervenir sur la dérégulation entre impulsion et plaisir.Cette approche est commune à tous processus addictifs
Ainsi pour Rahiou et Renaud le sevrage de la dépendance de l’alcool et tabac serait de même nature

En fait,tout n’est pas si simple car les Co-morbidités interviennent,interferant largement sur

l’abord psychothérapique d’un addictif,basé sur le principe de l’Entretien Motivationnel

Les CO-MORBIDITES

-PSYCHOSE et SCHIZOPHRENIE

-DEPENDANCE AUX SUBSTANCES :Alcool et tabac

-TROUBLES DE LA PERSONNALITE

-DEPRESSION

-TENDANCE SUICIDAIRE

Ainsi sur 11 études Cannabis-Psychose ,il est acquis que le risque est augmenté de 40% au cours de la vie,passant de 50 à 200% pour les gros consommateurs

-Vulnérabilité de l’Adolescent à la Psychose.Britsh.Med.Jour .2005
-Psychose et dépendance.Allebeck.1993
-Cannabis et Schizophrénie :Andreasson ;1989/Tien.1990/Van Os /2002/Zammit.2002/Heuquet.2005
-Phobie sociale .Psych.Rev.2008
-Cannabis et Episode Maniaque.Van Laar 2001/Zurick.2008/Heuquet.2006/Murrya.2004
-Lancet.Moore et Zammit.2007
-Lien avec le Suicide. multilpié par 3,5.Arch.Gen.Psy.2004/Peteren.2008
-Un lien de 30 à 50% est établi entre cannabis et troubles de l’humeur.Haney .2001 et 2004

On est donc loin de d’une imagerie angélique,.La Hollande ,pays ayant initié la libéralisation du

cannabis a tendance à durcir son attitude en mettant en place des PLANS DE DISSUASION de la Consommation(Programme ALIJDA).Une étude prospecptive de rémission de la dépendance au cannabis ,montre qu’une personne sur 10 devient non dépendant active en un an.Addict.Bull.08.2010

La prudence est toujours de mise en terme de dépendance au Cannabis et certaines attitudes sont

dictées par le bon sens :
-L’entretien motivationnel doit exposer avantages et inconvénients
-tenir compte de l’ambivalence et motivation(l’éternel retour au plaisir)
-dépister les resistances et ne pas s’allier à un discours d’adolescents déstructurant ou rebelle :le piège étant constant.La mémoire est-t-elle réellement saturée,existe-t-il un réelle désaptation ou désaffection par insuffisance de travail personnel voire un défaut de niveau ?Voire une entrée fortuite dans un première poussée d’une psychose.
-éviter la culpabilité et dédramatiser

 

STRATEGIE DECISIONNELLE

La grille du questionnaire CUDIT.R est un outil pratique associant :
-Consommation :jours et durée de la defonce
-Problèmes :Usages dans les situations à risques ou entravant les obligations-
-Dépendance :arrêt difficile avec activités orientées vers la défonce
-Retentissement psychologique

LES SIGNES de SEVRAGES

Ils doivents être connus facteurs d’erreurs interprétatives(D’après BUDNEY.2004)
Ils évoluent de 0 à 24 heures avec un pic au 2ème ,4ème jours voire 7 jours

Les signes les plus fréquents :
-Colère.Agressivité
-Irritabilité
-Angoisse,Nervosité
-Déambulations
-Insomnie et rêves étranges

Plus rarement :
-Frissons
-Thymies dépressives
-Tremblements
-Suicide

PRINCIPAUX TRAITEMENTS DU SEVRAGE

1)Les echecs avec :

-BUPROPION
-DIVALPROEX
-NALVEOXAN
Selon HANEY.2001-2002

2)Traitements justifiant un réajustement

-RIMONABANT,antagoniste des récepteurs CB1 :provoque un sevrage aigu
-BENZODIAZEPINE,non recommandé dans les sevrages,surtout utile dans les etats d’agitation
-Halopéridol :spécifique aux épisodes psychotiques

3)Les traitements recommandés sous réserve,qu’ils suivent le contexte biologique,
a)tels les anti-dépresseurs à profil NORDADRENERGIQUE-SEROTINERGIQUE type MIRTAZAPINE(Frernan.2007)
b)BUSPIRONE .Mc.RAC.2000
c)THC oral à 50mg/jour,agit sur l’Anxiété,l’Anorexie,Insomnie et phénomème de Craving.Haney.2004/Budney.2007

OPINIONS GLOBALES

Il est considéré que médicalement le dépendant cannabique est confronté à une impasse thérapeutique avérée sur la prise en charge de la dépendance et du sevrage.le Résultat est influencé par l’adhésion du patient,de sa prise en charge motivationnel avec thérapie comportementale,relais sociaux et médicaux et psychiatriques.Problèmes difficiles à mettre en oeuvre du fait de la sectorisation et de la demande accrue psychiatrique car,l’addiction cannabique n’est pas la seule à être prise en charge.De plus,il a été signalé le manque d’études d’envergures.Les Co-Morbidités imposent un abord multidisciplinaire et insister sur la thérapie comportementale.Il faudra donc se rapprocher de sites ou lieux médicalisés référencés,la tentation est grande de se faire coopter de manière sectaire.S’il faut être plus précis,en parcourant sur la toile internet sur le thème »Traitement de la dépendance Cannabique »on isole 584.000 réponses.

REPONSES PHYTOTHERAPIQUES

L’attitude de mise est la prudence et tenter de s’attaquer en AMONT ,c’est à dire

l’ADOLESCENCE.la problématique est identique,les plantes utilisées ne doivent pas apporter une dépendance quelconque.Plusieurs schemas peuvent être proposer sous contrôle médical

 

 

1)Traitement de la Dépendance sur la Base de l’Addiction AlcooliqueDownload-2 copie
Selon le protocole publié au centre Culturel Canadien le 12 septembtre 1985 par le DR.LARIVE

-EPINE VINETTE(BERBERIS VULGARIS) en gélule dosée à 0,250mgx4
-HYDRASTIS CANADENSIS en teinture mère 3 fois 10 goutes/jour
-AUNEE(INULA HELENIUM)gélule dosée à 0,250mgx3

2)Traitement de la Dépendance sur la base de l’Addiction au Tabac et Alcool

-AVOINE en teinture mère ou gélule à 0,250mgx3

-Le Kudzu

 

-VALERIANE en teinture mère ou gélule,mais potentiellement hépatotoxique,lui préférer le CENTHRANTE

3)Agir sur l’ANXIETE

-Avoine
-Aubépine
-Angélique
-Camomille
-Lavande
-Melisse
-Passiflore
-Tilleul
-Saule

4)DEPRESSION LEGERE ou MDLT

La réponse au blues de l’âme,ne justifiant pas de traitement entrainant dépendance
-Plantes anti-dépressives de type IMAO-like:
-GENTIANE
-MILLEPERTUIS(rappel des contre-indications avec la contraception)

Il faut évoquer les plantes à 5 HTP,agissant sur les récepteurs sérotinergiques,type GRIFFONIA ,mais qui nécessite une validation

5)RETABLIR le SOMMEIL

       -Chatons de SAULE
-PASSIFLORE
-ESCHOLOTZIA

-MELISSE-
-VALERIANE ou CENTHRANTE-ACORE

6)BRISER le STRESS

-principalement
-RHODIOLA(RHODIOLA ROSEA),mais provoque insomnie et état maniaque chez le prédisposé.
-GINSENG(PANAX GINSENG)
-ELEUTHEROCOQUE(EULETHEOCOCUS SENTICOSUS)

Il faut limiter les associations ,3 plantes au maximum,MILLEPERTUIS ,RHODIOLA et PASSIFLORE semble une formulation idéale

CONCLUSION

La libéralisation du Cannabis pose de fait le problème du traitement de la dépendance et du sevrage.Il semble prématuré de définir une véritable ligne de conduite en l’abscence de réponse adaptée et surtout que nous assistons à une guerre de tranchée exposant dans un no -men’s land des adolescents particulièrement vulnérables.S’il paraît légitime de stigmatiser des pratiques et des économies délictueuses,il n’apparaît pas opportun de légiférer tant qu’une réponse médicale et de prévention ne soit pas clairement identifiée.L’ethique réclame une protection de la jeunnesse particulièrement exposée et sur un territoire qui a franchi les boulevards périphériques des banlieux et s’est nationalisé.D’autre part si l’exaspération est sensible et légitime elle ne doit pas conduire à des attitudes qui se révéleront contre-productives,l’exemple de »l’encadrement de l’alcool et de tabac »n’a pas empéché la progression de pathologies induites par l’usage de ces produits.Il faut se rappeler des intentions en apparence généreuses qu’ont produit ROBESPIERRE dans la diffusion « du “CULTE DE LA RAISON ET L’ETRE SUPREME”(« Déclaration à la Convention du 7 mai 1794) et le livre d’anticipation d’ALDOUS HUXLAY »LE MEILLEUR des MONDES ».Effectivement ROBESPIERRE écrivait que le monde a changé et changera à nouveau.On connaît ce que la destinée lui reservera et le Soma d’HUXLEY est encore en gestation et pure illusion .ETHIQUE et PROTECTION DE L’ENFANCE doivent être les seuls mots d’ordre.S’éloigner des techniques de Conditionnement et Suggestion de l’enfance dont parle curieusement Huxley avec la Scopolamine dans son prologue,ce livre quasi ordalique semble ignorer ou minorer la toxicité de ce produit largement évoqué dans les “techniques” de guerre psychologiques,basées sur des “prévisions” de 1931,oû “l’utopie,”après Hiroshima,” deviendrait une libération de l’énergie atomique,une révolution humaine”basée sur une confiance immodérée dans les sciences de la vie,et de leurs utilisations ,dite dans le champ de la science appliquée.Vaste programme!

In memoriam.

Les indications médicales du Cannabis ou ses extraits sont limitées et non validées entièrement en Europe.Glaucome,Neuropathies des Scléroses en Plaque,Cancers en stades terminaux et SIDA.Ces indications ne doivent pas être l’arbre qui cache la forêt.

Des chiffres qui étonnent.Selon,l’ONU,en 2005:production de feuilles de Cannabis:42.000 Tonnes/Heroïne:472 tonnes/Cocaïne:960 tonnes.Les Amériques produisent 40% et 26 % le continent africain,pays d’Asie et d’Europe.RESINE de cannabis:6600 Tonnes venant d’Afrique du Nord(Maroc fournit le tiers de la production mondiale),et Asie du Sud Est.La production s’infléchie depuis 2005 du Maroc à l’Asie(Afghanistan 10 à 24.000 ha).Le monde/18-19 juin 2011-Cannabis Circus.

2018,voit la libérisation du cannabis au Californie,au Canada,si cet encadrement semble diminuer le marché parallele,et augmenter les recettes fiscales,il est encore trop tôt pour voir l’incidence sur la santé publique,psychiatriques et cancer, l’épidémiologie sera-t-elle contre-dite?

Depuis le 29 septembre 2015,les premières tendances sur la libéralisation apparaissent,particulièrement publié dans le journal ” Les Echos” du 27 fevrier 2019:”En Californie,la législation du cannabis est un échec”le bilan est décevant,et “les recettes fiscales sont trois fois inférieures aux espérances initiales”Anais Moutot;

“Le bilan de 2018 est décevant.Selon le cabinet BDS Analytics,les  ventes légales de cannabis ont reculé par rapport à 2017,quand la consommation était autorisée pour raisons médicales uniquement”.”Le total pour 2018 s’établi à 2,5 milliards de dollars,un demi-milliards dollars de moins que l’année précédente” alors que dans les 5 etats ayant dépénalisé l’usage récréatif,les ventes légales ont crû de 88% à Washington et 58% dans le le Colorado.Le rapport publié par le California Cannabis Advisory Committee stigmatise la vitalité du marché noir,pointant  le niveau de taxation élevé avec taux cumulé de 35% supérieur à l’Oregon et Colorado .Pour la publication “Addiction”.,les clients sont prêts à payer plus pour bénéficier des avantages de la législation,mais  ne pas payer au-delà de 10 dollars par gramme.Il est donc dit que le poids de la régulation “excessif et que les prix élevés poussent les consommateurs à continuer à recourir au marché noir.De plus l’Etat Californien se heurte aux municipalités résistantes à la culture du cannabis.et  en autre le rapport souligne le”manque de mesures coercitives qui”crée un environnement florissant pour le marché noir”

Le problème est toujours identique,la taxation  n’est pas une réponse socio-médicale à la consommation du cannabis.Argument que l’on peut réitérer pour le l’augmentation fiscale du Tabac qui favorise l’extension aux marchés parallèles.Il apparait très clairement que les substituts au cannabis type cannabidiol ,permettrait d’encadrer les risques potentiels cancérigènes et psychiatriques,nécessitant des études épidémiologiques incontestables

 

 

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